jeudi 12 avril 2007

Les fondements d'une troisième voie pour la France



14 avril 2007

Face au défi de la nécessaire transformation de notre pays, un grand Parti démocrate au centre de l'échiquier politique s'impose d'urgence. Il n'y a pas une solution de gauche, qui nous ferait " passer de la nuit au jour ", ou une solution de droite qui " romprait un cycle d'asservissement pour accéder à la liberté ". Il y a des solutions intelligentes et équitables qui rassemblent. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un pays dans lequel les créateurs et les travailleurs sont mis en condition de produire leurs efforts afin de tirer le développement économique, tandis que les personnes fragiles sont prises en charge et guidées vers des efforts à leur mesure, dans une approche de responsabilité et de fraternité qui leur rend leur dignité.

Comment construit-on une économie plus productive et un État plus efficace tout en renforçant les solidarités essentielles ? La France était encore la quatrième puissance économique de la planète en 1990. Elle est déjà tombée au sixième rang en 2006 et se dirige vers le dixième rang d'ici quinze ans. La réponse à nos problèmes ne réside pas dans l'ultralibéralisme ou le démantèlement de l'État. Plus que jamais, nous avons besoin d'un État fort mais efficace. Et de régions de gouvernement capables de traiter des problèmes au plus près du terrain. Nous avons besoin d'un État stratège déterminé et incitatif pour pousser les entrepreneurs à créer des richesses et leurs entreprises à créer des emplois, et pour pousser les régions à développer les territoires. Pour assurer la cohérence entre ces deux poussées, une politique très volontariste doit être menée pour favoriser le développement des entreprises de moins de 500 salariés.

Trois dettes


Nous avons trois dettes qui pèsent sur nos épaules : une dette financière, une dette générationnelle et une dette écologique. Le déficit actuel de l'État ne soutient plus la croissance mais, au contraire, la freine. Il faut donc réduire fortement le déficit budgétaire. La dette générationnelle est plus insidieuse. Il est urgent de rétablir l'égalité des Français devant la retraite. Il est essentiel de mettre en oeuvre une retraite par point, les droits correspondant aux cotisations versées. Il faut également revaloriser le minimum vieillesse et les petites retraites. Notre dette écologique envers la planète est encore plus dangereuse. Il faut donc introduire une taxation progressive des énergies fossiles afin qu'il en coûte moins cher de protéger l'environnement que de le polluer et introduire une taxe carbone au niveau européen de façon progressive. Cette taxe doit permettre de développer l'emploi en réduisant à due concurrence les cotisations sociales pesant sur le travail. Pour reconstruire une offre compétitive, il faut orienter toute l'action publique vers le soutien de la recherche et de l'entreprise. L'État stratège doit encourager massivement l'essor des PME, favoriser la mutation vers une éco-nation, c'est-à-dire un pays tout entier voué au développement durable en bâtissant des filières technologiques de croissance propre redonnant à notre pays une offre compétitive sur les marchés mondiaux, et organiser un effort massif de recherche et d'innovation dans les deux secteurs dans lesquels nous avons pris un retard dramatique : les technologies de l'information et de la communication, et les biotechnologies.

Une collection de corporatismes

On mesure à quel point les changements qu'il convient d'opérer vont exiger une mutation de notre système politique. Les systèmes autoritaires monoblocs de l'État UMP-RPR et de l'État PS sont devenus inopérants. Il faut mettre en place un nouveau régime alliant une meilleure représentation des forces politiques et une plus grande rigueur dans l'exercice de l'action politique. L'introduction d'une dose de proportionnelle et l'interdiction du cumul des mandats pour les députés redonneraient au Parlement sa dignité et sa créativité. La Ve République a été conçue pour fonctionner avec une majorité d'alliance grâce à trois instruments : l'élection du chef de l'État au suffrage universel, la question de confiance, qui oblige les parlementaires à renverser un gouvernement qu'il ne soutiendrait plus, et le droit de dissolution.

Cet appareillage, appuyé sur une réelle représentation du corps politique et sur le non-cumul des mandats, permet de construire des réformes raisonnables et régulières pour faire évoluer une société qui a trop tendance à se résumer à une collection de corporatismes. L'opposition stérile entre un réductionnisme de droite et un réductionnisme de gauche doit laisser la place à une alliance du centre avec la droite réformiste et la gauche moderne pour créer un grand Parti démocrate. Cette troisième voie propose la seule solution politique raisonnable aux blocages institutionnels et politiques qui exaspèrent notre peuple.

CSE

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